Michel Dubernard : notre ambassadeur 2022

Nous avons annoncé à l’Assemblée Générale que notre ambassadeur pour l’année serait Michel Dubernard. Aussi, nous profitons de cet article pour faire plus ample connaissance avec lui.

La mécanique fait partie de la vie de Michel Dubernard depuis sa plus tendre enfance. En effet, son grand-père était directeur des Mines de l’Escarpelle et, dans cette Cie des mines, il y avait un parc important de véhicules et de locomotives qui intéressait fort le jeune Michel, son père ayant lui aussi des compétences en mécanique. Son père et lui-même sont ingénieurs de formation, son père est issu d’une école d’ingénieurs électriciens de Grenoble (l’IEG) et Michel est issu d’une école d’ingénieurs mécaniciens de Grenoble (école faisant partie de l’INPG non diplômé).

Un autre élément montrant son intérêt pour la mécanique est la passion du Meccano qu’il partageait avec son frère, se lançant dans la construction de téléphériques, de boîtes de vitesses dont il apprend le fonctionnement dès l’âge de 8 ans.

Citroën 5CV 1921

Mais sa passion l’emmène vers l’aéronautique. Sa première expérience en la matière, il la connaît à l’armée. Il est incorporé dans l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT) à Nancy car il a déjà sa licence de pilote avant même d’avoir eu son permis de conduire. Son passage à l’armée dure 24 mois.

C’est l’époque où il « construit » sa première voiture. En effet, il achète deux 2CV (des 375 cm3) accidentées, l’une de l’avant et l’autre de l’arrière. Il coupe les deux châssis en récupérant les parties saines de chacun et les ressoude. Elle portera l’immatriculation 26 AX 59. Il la revend un peu plus tard à un camarade de classe qu’il rencontrera à nouveau par hasard bien des années plus tard aux commandes d’une Caravelle et ce camarade lui rappellera en le reconnaissant la fameuse 26 AX 59. A l’époque, pas d’ANTS, pas de contrôle technique qui cherche un n° de châssis…

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Triumph Spitfire 1972

A la sortie du service militaire, Michel dispose de ses brevets et licences de pilote pour hélicoptère et pour avion. Il est sollicité par EdF pour la surveillance des lignes Haute Tension, par la Gendarmerie et par l’IGN (Institut Géographique National). C’est vers l’IGN qu’il se tourne et il se retrouve à effectuer des missions de cartographie en Afrique du Nord sur Boeing B17 (quadrimoteur Bombardier équipé de matériel pour faire des prises de vue au défilé). Les premiers satellites sont lancés en 1966 et les relevés cartographiques par avion s’arrêtent. Il est donc licencié.

Michel décide d’acheter un avion pour faire des photographies pour les Grands Travaux du Nord. Deux ans plus tard, il a un accident assez grave lors d’un décollage par grand vent : l’avion est endommagé et nécessite un an de réparation. Son père lui demande instamment de changer de métier et l’oriente vers le métier d’expert d’assurance. Il exerce aujourd’hui l’activité d’expert de justice.

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Rolls Royce Silver Wraith 1946

Ses passions l’emmènent toujours dans le ciel mais c’est à présent grâce aux ballons à gaz. Il sera d’ailleurs un des fondateurs de la fédération française d’aérostation. Il vole et il vole beaucoup. Mais la réglementation évolue et les contraintes réglementaires deviennent telles que les ballons à gaz disparaissent quasiment à la faveur des montgolfières (ballons à air chaud). Il quitte le milieu de l’aérostation en 1992 ; ses enfants continuent, quant à eux, avec les montgolfières (Champions d’Europe en 2007 et du monde en 2008).

Il se cherche une autre passion. Son chemin croise celui des frères Vendiesse, Bruno et Antoine ; ce dernier étant dans le monde des assurances. C’est le déclic et en 1992 : le monde de la voiture de collection s’ouvre à Michel.

Jeep Willys 1942

Son activité professionnelle est très prenante et l’emmène dans bien des pays lointains : Chine, Indonésie, Inde, etc… mais lui permet de capitaliser. Entre autres, c’est son cabinet d’expertise qui sera retenu par le consortium Eurotunnel pour l’expertise du chantier du tunnel, tâche qui durera 14 ans et qui l’amènera à un ensemble d’environ 1800 dossiers. Et il s’achète quelques véhicules qu’il partage avec ses fils, l’un étant expert comme lui, l’autre étant responsable des montages de véhicules dans le monde entier pour Peugeot.

Si nous revenons à des évènements plus proches dans le temps, c’est en 2012 qu’il s’achète une Spitfire MK IV marron glacé de 1972. C’était un retour vers ses jeunes années car il avait eu une Spitfire alors qu’il était jeune homme en 1966-1967. Il se rappelle d’ailleurs d’une anecdote concernant une mésaventure qui lui arriva avec cette première Spitfire. A l’arrêt à un feu tricolore et en galante compagnie, Michel démarre au passage du feu au vert de façon peut-être un peu sèche et voilà que son siège, mal bloqué dans la glissière, recule et qu’il se retrouve les quatre fers en l’air. Plus de peur que de mal, tout se termine bien.

Mercury Park Lane 1957

Ensuite, c’est une Mercury Park Lane de 1957 qui rejoint le garage puis une Ford Thunderbird de 1956. Deux Jeep arrivent aussi : l’une de 1942, une Willys, qui aurait participé au débarquement de 1944, l’autre de 1954 qui est une Hotchkiss à mécanique Ford.

Les Jeep sont ses préférées, elles ont son âge et en particulier à cause de l’interchangeabilité et de la qualité des pièces.

Jeep Hotchkiss 1954

Cette passion des voitures de collection n’est pas venue par hasard. Michel a toujours été proche de la mécanique. Il avait un oncle habitant Breteuil qui était lui-même collectionneur de voitures, quand il y allait il avait le plaisir d’y trouver une Hotchkiss Anjou, une Amilcar CGSS, deux Ford T, une Traction 15 CV 6 cylindres, une Dauphine, une Trêfle…

Son père, sans être collectionneur, faisait de la mécanique. Preuve en est : son père ayant acheté une Traction ; celle-ci, un jour, brûla lors d’une intervention. Son père décida de la reconstruire. Cela prit quelque temps mais il parvint à ses fins, faisant l’ensemble des travaux : mécanique, électricité, sellerie…Une fois le chantier terminé, il est décidé d’aller rendre visite à l’oncle de Breteuil. La Traction tombe en panne à Montdidier. Son père, très prévoyant, avait pris de nombreuses pièces et outils et c’est sur le bord de la route qu’il répare la Traction qui finit par amener toute la famille à Breteuil. Cela marquera Michel qui s’en souvient comme étant le mystère de la voiture réparée par un homme seul en bordure de la route car il avait anticipé la panne. Cet évènement a été très formateur pour Michel car il est survenu dans ses jeunes années, à un âge où on mémorise facilement.

Chevrolet Fleetline 1946

Son frère, marqué aussi par le démon de la mécanique, travailla chez Peugeot puis chez Heuliez en tant que chef du centre de style et, à ce titre, crée la SM Espace équipée d’un toit en deux parties à 7 lamelles chacune et se rétractant électriquement dans un montant central permettant de découvrir les places avant et arrière. Citroën ne donna pas de suite au projet, un deuxième modèle fut réalisé pour Henri Heuliez et resta dans la société jusqu’en 2012, date à laquelle il fut vendu aux enchères et inscrit, à cette occasion, à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. 

article sur la SM Heuliez

C’est dire que nous avons affaire non seulement à un passionné mais, en fait, à toute une famille de passionnés.

Pour revenir à Michel, sa collection se compose aujourd’hui de 9 voitures : la Spitfire MK IV de 1972, la Mercury Park Lane de 1957, la Ford Thunderbird de 1956, la Jeep Willys de 1942, la Jeep Hotchkiss de 1954, la Chevrolet Fleetline de 1946, la Rolls Royce Silver Wraith de 1946, la 5CV Citroën de 1921 et la Chevrolet Nova équipée d’origine en voiture de sheriff.

Chevrolet Nova 1972

Michel réalise l’entretien de ses voitures lui-même. C’est à Pierre Henquenet que nous devons d’avoir accueilli Michel au sein du TCC. C’est avec plaisir que nous le retrouverons bientôt dans nos rallyes.

Ford Thundebird 1958

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