Pou commencer, qu’est-ce que l’effet gyroscopique?
C’est ce qui fait qu’une toupie, lorsqu’elle tourne suffisamment vite, est verticale. Puis progressivement, lorsque sa vitesse de rotation diminue, la toupie se met à pencher et finit par tomber. Lorsqu’elle est en pleine rotation et que vous essayez de la pencher, aussitôt elle se remet dans sa position verticale. Cette toupie ne tourne qu’à quelques dizaines de tours par minute.

Imaginez que vous lancez cette toupie à 1500-2000 trs/mn, cela signifie qu’elle conservera sa rotation et son équilibre beaucoup plus longtemps.
Quel rapport avec l’automobile?
Imaginez que vous voulez rouler dans une voiture seulement équipée de deux roues : une à l’avant, l’autre à l’arrière. Cela simplifie beaucoup d’organes : transmission, différentiel, direction…Mais il faut que la voiture maintienne son équilibre. Pour cela, vous l’équipez d’un gyroscope constitué d’un disque relativement lourd tournant à vitesse assez élevée : s’il est lié à la structure de la voiture celle-ci sera naturellement maintenue en position d’équilibre. Tant que le gyroscope tourne la voiture tient sur ses 2 roues parfaitement. Lorsqu’on arrête la voiture et le gyroscope, l’artifice est de sortir des roues de petite taille qui maintiennent la voiture à l’arrêt en position avec 4 points d’appui.
Comme le disait La Vie de l’Auto pendant bien des années en première page : il n’y a de nouveau que ce qui a été oublié. Ce système a été inventé et testé dans les années 1910 puis réutilisé à titre expérimental dans les années 1960.
Le premier prototype de gyrocar a été inventé par Piotr Chilovski, membre de la famille royale russe, et fabriqué par la Wolseley Tool and Motor Car Company en 1914. La volonté était de développer un véhicule militaire qui n’ait pas besoin d’une voie large. Des applications étaient aussi entrevues en chemins de fer, aéronautique…Il n’y eut pas de suite commerciale.

Dès les années 1900, un Anglais Louis Brennan s’intéresse au gyrosope pour les chemins de fer. Un prototype miniature sera construit qu’il fera circuler dans sa propriété vers 1906. Puis suit la construction d’un prototype grandeur réelle qui circule sur une voie installée autour de l’usine qui l’a construit : il transportait 32 personnes et pouvait atteindre 35km/h.

En 1927, Louis Brennan, construit aussi un gyrocar. Il utilise 2 gyroscopes tournant dans des sens opposés à la vitesse de 3500 trs/mn qui sont entraînés par des moteurs électriques alimentés en 24 Volts. Chaque gyroscope avait un poids en rotation de 91 kg. Son mode de propulsion utilise un moteur de Morris Oxford. Lorsque la voiture s’arrête elle reste quelques minutes en équilibre sous l’effet des gyroscopes et les petites roues latérales sortent automatiquement si le conducteur l’oublie. Sous un aspect un peu rudimentaire, il est beaucoup plus au point que celui de Chilovski qui avait un très grand rayon de braquage.
Cela restera au stade expérimental..
Le gyrocar réapparaît à la fin des années 50 au sein de Ford. C’est un certain Tremulis, designer de son état. Tremulis a été responsable du style pour Auburn-Cord-Duesenberg puis il signe les lignes de la Tucker et il entre au style avancé chez Ford en 1948.
Une maquette à l’échelle 1 est construite et exposée mais sans le gyroscope au Salon de New-York en 1961. Le projet de la Gyron n’aboutit pas.

Voici un lien vers une vidéo sur ce modèle d’exposition :
https://www.youtube.com/watch?v=P_bUb2y4AF0
Tremulis quitte Ford et crée sa propre société de design et, en 1967, il présente la Gyro-X , voiture monoplace et fonctionnelle cette fois. Elle est équipée d’un gyroscope qui tourne entre 4000 et 6000 trs/mn. Cette voiture a fonctionné et existe toujours. Au cours de sa vie elle a subi des modifications mais a retrouvé sa configuration d’origine et est exposée au Lane Motor Museum de Nashville. Sa motorisation est un moteur de Mini Cooper S de 1275 cm3. Le gyroscope a un diamètre de 56cm et est entraîné par une pompe hydraulique dont l’énergie provient du moteur de Mini. Sa dernière apparition dans une manifestation remonte au Concours de la Villa d’Este en 2019. Il n’y eut qu’un seul prototype de construit.
Voici le lien de 2 vidéos où vous pouvez la voir évoluer :
































