Rallye dans l’Aube

Lundi 4 juillet, cap à l’aube ou cap sur l’Aube, comment dire ?

Rendez-vous à 8h sur la place d’Audruicq. Guy MANIER, annoncé en 2CV » Charleston », se présente au départ dans une version 007 à siège éjectable, ce qui lui vaut un retour aux stands. Ses efforts pour rejoindre le peloton le feront arriver au but avec 1h d’avance ! Harold animera aussi ce parcours d’une crevaison, et tout le groupe arrivera au Domaine Bel Air vers 18 heures. Partage des bungalows, rafraichissements et apéritif nous amènent sous le vaste préau pour ce premier repas commun, qui coïncide avec l’anniversaire de Ghislaine (d’autres suivront !). Si certains récupèrent de la route, certaines terrasses s’éteignent bien tardivement….

Le mardi, départ vers 9 heures pour Clairvaux. Née dans l’austérité voulue par St Bernard, la 4° fille de Citeaux a basculé dans l’opulence fin XVIII°, opulence dont les moines seront vite privés par la Révolution. D’abord convertie en ateliers, l’abbaye devient prison par décision de Napoléon 1er en 1808. Les vestiges visités ont beaucoup marqué les participants, ces salles communes de 30 m2 pour 30 prisonniers, avec une seule latrine « publique », ou ces cages à poules de 2 m2, en service jusque 1971, dans des salles de 7 m de haut, dépourvues de tout chauffage. Il y a 50 ans, on pouvait encore mourir de froid en ces lieux !  Ce qui était imaginable -je n’ai pas dit acceptable- au XIX° est révoltant dans un passé aussi récent. Je pense que cela restera la visite la plus marquante du rallye.

Le repas est pris dans l’enceinte de l’abbaye. Saluons à ce propos le professionnalisme des hôtes du midi, tant pour la qualité des menus que pour le service efficace qui nous a permis de respecter les horaires.

L’après-midi est consacrée au Général de Gaulle, avec une visite guidée très sympathique de La Boisserie, un passage au cimetière et la visite du Mémorial, où sont présentées une copie de la fausse DS du Petit Clamart, la 15/6 oléo du retour aux affaires et la RAMBLER blindée commandée par Roger Frey, jamais utilisée par l’hôte de l’Elysée.

Marche à pied le mercredi pour suivre Domenico, Troyen d’origine amalfitaine, qui nous a fait déambuler de cours en jardins, empruntant d’étroites ruelles pour découvrir églises et hôtels particuliers dans cette ville dont le dernier sinistre majeur fut de brûler en partie au XVI° siècle. Il a passionné son auditoire pendant plus de 3 heures et les nombreuses pauses ont permis aux « moins valides » de suivre jusqu’au bout. Nous renoncerons cependant, faute de temps suffisant, à visiter au retour la Commanderie Templière d’Avalleur, proche du domaine, pour emprunter une route plus calme et plus champêtre, longeant la Seine.

Jeudi, quelques voitures rechignent à démarrer, privant leurs équipages d’une halte à l’église de Chaource qui recèle de nombreux trésors. La route serpente entre les vignobles des Côtes de Bar (les Côtes de Bar se montent et se « descendent » aussi !) et ceux de Tonnerre. La cour des écuries accueille nos voitures pendant la visite de TANLAY, un château Renaissance dans la même famille depuis 1704. Cloé nous en fait découvrir les trésors et l’empreinte de la famille de Coligny, chefs de la Ligue Protestante. 

Une erreur de cap de Philippe diffère l’arrivée au Grignotin qui nous a concocté un excellent menu, sans pour autant nous retarder, puisque nous sommes attendus à l’Orangerie d’ANCY le FRANC, pour découvrir un palais Renaissance beaucoup plus spectaculaire et mieux restauré, mais aussi moins intime que TANLAY. Le retour se fait par LES RICEYS, où nous sommes accueillis par la maison MORIZE; le maître des lieux nous entraîne dans ses caves des XI° et XII° siècles avant que Tiphaine ne nous fasse déguster les produits maison, les Champagne bien entendu, mais aussi le Rosé des Riceys ou les côteaux champenois, dégustation que nous poursuivrons avec l’anniversaire de Jean Philippe au domaine, occasion pour Laurent d’entonner le toast chanté de la TU !

Dèjà vendredi, pour un départ plus tardif en direction d’Essoyes, le village natal de l’épouse de RENOIR, où il finit par acheter une propriété, loin des marchands et autres parasites, au profit d’une vie de famille épanouie, bien décrite par notre guide Magali. Nous y croisons le club lyonnais des 3A, à qui Eric remet une plaque de calandre, ainsi qu’un touriste américain propriétaire de 2 tractions, dont une anglaise.

Le repas panoramique -et gastronomique-  aux Demoiselles précède une ultime promenade vers les Lacs d’Orient, conclue par un pot de départ à la plage de Mesnil Saint Père, (sous les fenêtres de la Gendarmerie !)

Certains referont encore le Monde jusque tard dans la nuit avant un ultime petit déjeuner et le retour -sans incident- vers le bercail.

L’appel à un compte rendu plus objectif est resté sans suite, et je le regrette. Cependant, l’ambiance qui a régné pendant ces 6 jours, l’accueil très professionnel qui nous a été réservé en tous lieux,  et les quelques messages reçus depuis semblent indiquer que ce rallye a plu dans l’ensemble, avec un planning riche mais réalisable et des prestations appréciées. N’y voyez aucunement de l’autosatisfaction mais plutôt la pression mise pour les prochains projets, Michel nous voyant déjà sur les Plages du Débarquement et le Cotentin (mais il faudra mieux équilibrer les étapes, quitte à renoncer à l’hébergement unique). La sélection des photos est en cours (plus de 300 sans compter l’apport conséquent de Nadège, avec son objectif parfois impitoyable ! Oserons-nous tout publier ????)

Texte de Philippe Valton

Photos : Philippe Valton et Nadège Schrevelle