La journée s’annonçait rude, aurait dit François Damiens*, rude et chaude, de par son programme, la météo, la succession d’évènements programmés.
Michel et Laurent assuraient la « balade » (qui fut plus de 40 ans un paisible « rallye »), amenant au château de nouvelles voitures (aperçu une élégante Lancia) comme de vieilles connaissances, telle le cabriolet Corvair de Gilbert, déjà là il y a 43 ans, lors de ma première participation. Dans le même temps, Eric et moi réunissions, parquions et informions les participants du concours, en arc de cercle sur la pelouse avant du château.

L’Harmonie nous avait composé un programme très varié, réorchestrant des standards de la chanson ou reprenant des musiques de films. Le temps d’expédier rapidement le repas, Monsieur le Maire dévoilait, avec Pascal ROUSSELLE, vice-président de la FFVE, la plaque de ville d’accueil et voici arrivée l’heure du concours.

La chaleur était à son comble, la pelouse devant le jury désertée par le public, m’amenant à faire remarquer que le public avait préféré les baignoires (l’ombre des arbres) au parterre (encore merci, Monsieur le Maire, du plaisir que vous m’avez fait en arrivant en bras de chemise, allégeant ainsi le dress code!)
Pour l’animation musicale, c’est le Oyez Beach Jazz Band qui assurait avec brio l’intermède entre les voitures.
Une première catégorie réunissait les voitures d’après 70, divisées en modèles ouverts ou fermés. Une 205 ouvrait le bal, mais pas n’importe laquelle, un cabriolet Roland Garros produit à 350 exemplaires, autrement plus exclusif qu’une GTI ; exotisme avec la Renault Alliance, uniquement diffusée en Amérique du Nord ; puis une originale VW Porsche 914 pour rappeler que Stuttgart n’a pas produit que des 911 ; et classicisme avec un cabriolet 504 de la première génération, cadeau d’un sous-préfet amoureux à son épouse.

Pour les voitures fermées, il fallait oser présenter une « très banale » Fiat Ritmo de 78 ; entre la corrosion, les juppettes, les balladurettes, les contrôles techniques, depuis quand ne voit-on plus ce véhicule produit à 2 millions d’unités ?? (un cabriolet participait aussi à la balade) ; mais c’est une exceptionnelle voiture de présérie, à l’état du neuf. Une Chevrolet de la police de Los Angeles lui emboîtait la roue, avec une cylindrée 12 fois plus grosse que la Fiat 500L qui suivait, avec sa remorque bagagère, et une petite famille en parfait accord vestimentaire.

La deuxième catégorie était consacrée aux sportives d’après guerre, avec la ligne intemporelle d’une Jaguar type E de 68, une Volvo 122S en livrée Monte-Carlo historique, un cabriolet Facellia, impeccablement restauré en « rouge metallic » , qui incarnait le meilleur du savoir-faire français, tandis qu’un très british roadster MG TD 1951 fermait la marche.

Troisième catégorie, le plateau Années 50 était très homogène. La Chambord 61 et la 203 60 avaient en commun une superbe patine d’origine et le fait de faire partie des toutes dernières construites. Pour la petite histoire, la Simca n’a jamais quitté Audruicq depuis sa mise en circulation. Suivaient une VW 1200 de 58 en finition standard et une 4CV 1955 avec sa monoroue, en configuration départ en vacances. Difficile de parler d’élégance, en short-marcel-bretelles, mais au moins l’équipage était-il en accord avec le thème, n’hésitant pas à puiser dans les provisions du voyage pour abreuver le jury d’une rasade de blanc bien frappé ; faut-il ici parler de pot de vin ? Plus sobre, une 11BL 1950 présentait un historique limpide et une liste de destinations qui laissait rêveur.

Les avant guerre constituaient le clou de la présentation, avec un rare et original tourer 12HP Armstrong Siddeley de 1934, la Rosalie 10A chargée d’histoire familiale (depuis 1963) qui emportera le trophée d’excellence, un sosie de Tintin -sans Milou- conduisant une Mathis EMY4 Dynamic de 1933, la Fiat 514 en vedette lors de la dernière bourse, la Rosengart LR2 sport amenée du Gers par Jean Marc Cesar ( parti pour une concentration dans la Vienne, passé par Arras pour « la route des vacances » et venu nous rendre visite ) pour finir avec le torpédo Chenard & Walcker T4 de 1924.

1924-1993, 70 ans d’évolution automobile !
Pour permettre les derniers délibérés du jury, la concession Alpine de Coquelles a amené une A110 de la dernière génération « thermique » qui remporta un vif intérêt. Madame Chevalier, présidente de la CCRA s’y installant en s’assurant que c’était la même que les gendarmes. La police locale de Los Audruicques en Chevrolet et une Alpine en patrouille sur les routes de la communauté de communes … Prenez garde à vos points !
Ma mission s’achevait, à l’heure prévue et quelques verres d’eau s’imposaient d’extrême urgence.
Le jury ayant tranché, le classement final est ainsi établi :
- après 70 ouvertes : Porsche 914 de Ludovic DUQUENOY
- après 70 fermées : Fiat 500L de Nicolas LOISON
- sportives d’après 1950 : MG TD de Jean Claude Hoffer
- années 50 : Renault 4CV de Jacques LACROIX
- avant guerre : Fiat 514 de Christian FOURNIER
- Prix d’Excellence, trophée Or FFVE : Rosalie 10A de Maryse et Michel TRACHE (éligibles à la finale bisannuelle FFVE)

Un album photo souvenir parviendra aux participants dans les prochaines semaines.
Nous sommes en Gaule et tout se termine bien sûr autour du verre de l’amitié !
Ce récit, vu de l « intérieur du peloton », ne sait être objectif ; il ignore le ressenti du public, comme des participants, et ouvre la porte aux avis, remarques, critiques et suggestions. A vos plumes et claviers ! Grand merci, en tous cas, à tous les participants, jurés, organisateurs, musiciens, qui ont permis cette belle journée.
* le matin de son exécution pour tentative de régicide sur Louis XV en 1767.

texte de Philippe Valton
Photos : PR /FFVE
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