La Traction Bancquart

Non, il ne s’agit pas d’une Traction avec des caractéristiques particulières, sa particularité réside dans le fait qu’elle est depuis toujours dans la même famille, celle de notre Président Eric Bancquart. Vous trouverez ci-dessous l’article qui lui a été consacré dans la revue de la Traction Universelle n°126 d’octobre 2020 et que nous reproduisons ici avec leur accord.

Si vous aussi, vous voulez nous faire partager des informations sur l’une de vos voitures de collection, n’hésitez pas à nous envoyer par mail ou par courrier un article avec des photos et nous nous ferons un plaisir de le diffuser sur notre site.

Voici l’article :

Il s’appelait Georges Bancquart, c’était mon grand-père. A l’aube de sa retraite en tant que boucher à Loon-Plage dans le Nord, il prit la décision de remplacer sa Traction de 1934, qui avait elle-même remplacé une Chenard & Walcker, par une voiture neuve. Il se rendit chez l’agent Citroën local, son frère, pour commander une DS.

Son frère, André Bancquart, agent de la marque aux chevrons depuis 1929 guida son choix plutôt vers une Traction en argumentant le fait qu’une Traction il savait la conduire, et mon grand-père se retrouva le 19 décembre 1956 propriétaire d’une 11 Légère bleu nuit, sa 1735 BM 59, qui allait l’accompagner jusqu’à la fin de sa vie.

Janvier 1958. Arrive au monde Eric Bancquart, son second petit-fils qui allait découvrir avec son cousin le monde automobile en voyageant dans cette voiture.

Les départs se déroulaient de façon immuable. Pour un départ à 14h, les premiers préparatifs commençaient vers 10h : mise en route de la voiture, mais souvent batterie à plat.

Pour nous les gamins, première inquiétude sur la suite de l’expédition mais vite rassurés avec l’arrivée de notre oncle André et sa batterie magique de secours. Mais notre angoisse ne s’arrêtait pas là, avec le branchement des câbles voici les étincelles, claquements et autres bruits, et la magie opérait, le moteur tournait. Ouf !

Arrivait le moment du départ. Assis à l’arrière avec la consigne d’être sage, j’étais déjà pris par l’odeur caractéristique de la voiture, la douceur des assises des sièges, le ronronnement feutré du moteur et accoudé sur les dossiers avant, je découvrais le reflet des arbres sur ce long capot par une belle journée de juillet. C’était dans les années 60, j’avais 5 ou 6 ans.

1980 : toujours fasciné par cette voiture, toute la famille est d’accord pour me la donner et là commence une belle aventure qui est encore d’actualité à ce jour.

1983 : elle me sert de voiture de cérémonie pour mon mariage.

1985 : naissance de Charlotte Bancquart, arrière petite -fille qui est accueillie à sa sortie de maternité par la Traction.

2006 : remise de galons pour Charlotte qui est ce jour-là la seule militaire de l’école à se déplacer en Traction.

2014 : Naissance de Anna Guedj, arrière-arrière petite-fille de Georges, qui une fois assise à l’arrière de la voiture se lève tout doucement pour venir s’accouder sur les dossiers avant et me glisser à l’oreille : Papy, elle est belle ta voiture, et vas-y fais tut-tut…

A sa remise en route, la voiture avait environ 45 000km. Elle fut confiée au garage Bancquart, où Jean Bancquart, neveu de mon grand-père, fit les travaux nécessaires pour qu’elle puisse reprendre la route.

Aujourd’hui, 157 000kms plus tard, carrosserie refaite deux fois, moteur et boîte reconditionnés à différents kilométrages, sièges refaits, elle a certes perdu un peu de son odeur mais elle demeure ma préférée au sein de ma collection, et avec son regard charmeur, j’ai connu quarante ans de rencontres humaines chaleureuses.

Eric Bancquart

Les publicités du monde automobile(1)

Mes recherches dans Gallica qui est la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France m’ont permis de trouver un lot de publicités du monde automobile d’avant-guerre que je vais vous faire partager dans une petite suite d’articles dont voici le premier. La source des informations est donc Gallica.

Place aux publicités : Cette première série comprend les affiches des 13ème, 14ème et 16ème expositions internationales automobiles à Paris en 1912, 1913 et 1921. Elles sont toutes trois dues à l’agence Rol, agence française créée en 1904 par le photographe Marcel Rol et qui disparut en 1937.

La deuxième série est consacrée aux automobiles Peugeot. La 1ère vante la Quadrilette et date de 1925 et a été éditée par les Publicités Wall, la seconde date aussi de 1925 et la troisième de 1930 : elles sont toutes deux l’oeuvre de Leonetto Cappiello (peintre, illustrateur, caricaturiste et affichiste italien qui oeuvra pour d’autres marques telles la Ouate Thermogène ou le papier à cigarettes Nil et bien d’autres), la quatrième met en valeur la 201 et date de 1931.

A bientôt pour une autre série.

Eric Canis : un amateur d’anglaises

Eric Canis, membre du T.C.C, cultive la passion des anglaises. Nous le connaissons bien pour sa Morris Minor cabriolet ou sa Jaguar MK 10 mais il a aussi un spécimen beaucoup plus rare : une Triumph Sebring. Quésaco? Sous cette appellation se cache une Triumph Spitfire modifiée par Williams and Pritchards pour en faire une voiture de compétition.

Vous êtes curieux et voulez en savoir plus, cliquez sur le lien suivant qui vous emmènera sur le site News d’Anciennes, site exclusivement consacré aux voitures de collection avec des articles intéressants, où vous verrez l’ensemble de l’article consacré à la voiture de notre ami : https://newsdanciennes.com/les-voitures-anciennes-de-nos-lecteurs-la-triumph-sebring-deric/

Le T.C.C. aime les avant-guerre

Le Tacot Club Calaisien est le seul club à avoir un rallye réservé exclusivement aux avant-guerre et les membres du T.C.C. sont de plus en plus nombreux à acheter une avant-guerre.

Preuve en est, en quelques semaines 3 membres viennent de franchir le pas :

  • Julien Telliez a acheté une Renault NN de 1924 qui était en exposition à la bourse du T.C.C. de 2019.
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  • Jean Zory vient d’acheter une Fiat cabriolet 6CV de 1934

Christian Fournier a choisi une Fiat 514 de 1929

Nous serons heureux de les voir à leur volant au rallye des avant-guerre, mais aussi dans les autres promenades que nous proposerons l’an prochain. Les avant-guerre ne sont pas des bêtes à chagrin ; elles roulent, un peu moins vite certes, mais leur fiabilité est très bonne. Pour preuve, en 1997 je suis parti en 301C Peugeot de 1932 en rallye et ai fait environ 2500km en 2 semaines et en 1999 j’ai récidivé avec la 301C pour un rallye de 2 semaines(organisé par le T.C.C.) qui nous a amené en Ecosse, soit 3150km en 2 semaines. J’ai encore fait 2 autres rallyes de 2 semaines avec une Austin 7 de 1936.

(10) l’automobile et l’alcool

Voici le dernier article de cette série paru dans l’Auto-Vélo le 31 mai 1902. Source Gallica/BnF.

Cet article est consacré à la visite du Président de la République : Mr. Loubet. Cette visite est prévue à 10h00 du matin.

Le journaliste suggère de goudronner ou de pétroler les pistes comme cela sera bientôt réalisé sur la Promenade des Anglais à Nice.

Quelques louanges supplémentaires s’ajoutent à toutes celles déjà formulées pour certaines marques. C’est le cas, en particulier, pour :

  • les voitures Clément pour deux personnes
  • la Société Générale des Industries économiques des moteurs Charon ( à ne pas confondre avec les automobiles Charron)
  • Darracq: dont on dit qu’elle a créé le type définitif de l’automobile de l’avenir
  • un nouveau couplet nous est servi aussi pour les motocyclettes Werner. Il est vrai qu’elles sont les seules à avoir terminé les épreuves.

Société Générale des Industries 2conomiques moteurs Charon

Une marque bien connue est par ailleurs mise en valeur, celle des carburateurs Longuemare utilisés par Darracq, Chenard et Walcker, Peugeot Frères, Aster, Corre, Déchamps, Gladiator, Hérald…

carburateur Longuemare

Nouvel éloge aussi pour Gladiator dont les trois voitures au départ sont présentes à l’arrivée. Sont passées en revue quelques marques de carburant.

electricine

On nous raconte ensuite la visite du Président de la République qui arrive à 10h00 précises et qui, après avoir vu les véhicules évoluer sur la piste, fait une tournée des stands où il a des mots aimables pour chacun.

Mercedes

Encore une fois, toutes les appréciations sont plus élogieuses les unes que les autres. La visite du Président de la République est l’occasion pour le journaliste de redistribuer des félicitations à toutes les marques qui n’en ont pas manqué jusque là.

Pour ce qui est de l’alcool, le lobbying n’a semble-t-il pas fonctionné car il a fallu attendre plus d’un siècle pour que nos carburants modernes en intègrent un certain pourcentage dans leur composition.

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(9) l’automobile et l’alcool

Cet avant-dernier article est celui du paru le 30 mai 1902 dans l’Auto-Vélo. Source Gallica/BnF

Les photos sont également de source Gallica/BnF

Le salon de l’alcool est ouvert depuis deux jours lorsque parait cet article et va encore durer plus d’une semaine, c’est dire l’importance de l’évènement. Il y a foule, surtout autour de la piste où évoluent les véhicules, soulevant quantité de poussière.

Le premier paragraphe est consacré au moteur Herald : le journaliste le présente comme le moteur à la conception la plus aboutie du moment, son régime maximum est de 800trs/mn alors que bien d’autres tournent à 1800-2000 trs/mn (sont visés plus particulièrement les moteurs De Dion Bouton). Ce qui semble être un avantage majeur pour ce journaliste ne le restera pas bien longtemps.

Herald, AsterHérald et Aster

Le second paragraphe présente la Darracq de Marcellin comme la grande gagnante car c’est une voiture légère et ses performances ont égalé celles de voitures plus lourdes et cela prouve qu’il n’est plus nécessaire de construire des véhicules lourds pour avoir des véhicules performants.

Puis suit l’éloge de la voiture légère Clément, puis de la voiture légère Gladiator. Une longue partie de l’article est aussi consacrée aux voiturettes Renault, dont on rappelle tous les succès dans les compétitions passées.

GladiatorGladiator

Ensuite on parle de Mr. Leprêtre : producteur de l’Electrine, le carburant à l’alcool dont l’usage a été un triomphe dans les diverses épreuves.

Les éloges continuent ensuite avec les marques Chenard et Walcker, De Dietrich, Fouillaron dont on vante la simplicité de conduite (grâce au système de transmission par poulies extensibles supprimant la boîte de vitesses souvent assez rétive à l’époque), Serpollet, Werner, moteurs Aster, Société Nancéienne.

Mors 2Mors

Les journalistes de l’époque sont tous sur le modèle de Baudry de Saunier, célèbre chroniqueur automobile et qui ne formulait que des louanges et jamais de critiques sur les voitures présentées ou essayées.

 

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(8) l’automobile et l’alcool

L’article du 30/05/1902 du journal l’Auto-Vélo nous fait un descriptif du salon qui s’est tenu du 24 Mai au 1er Juin 1902 et qui clôture les manifestations destinées à promouvoir l’utilisation de l’alcool issu de céréales. Ce salon est, bien entendu, baptisé Salon de l’Alcool. Les documents présentés dans l’article sont tous de source Gallica.

Déchampsvoiture légère Déchamps

Le premier point est un rectificatif sur l’un des lauréats du concours de consommation : le quadricycle attribué à la Société des Automobiles Peugeot est en fait de la marque Les Fils de Peugeot Frères. Les deux sociétés se regrouperont en 1910, mais à l’époque deux branches de la famille Peugeot se sont séparées et construisent chacune des automobiles. C’est le seul véhicule léger à avoir résisté aux épreuves et aux conditions exécrables.

Pour la visite du salon, la plupart des marques ont droit à quelques lignes, toutes plus élogieuses les unes que les autres.

Ainsi, la voiture légère Darracq a réussi la moyenne de 72km/h. Les marques Chenard et Walcker, Société Nancéienne, De Dietrich ont leur coup d’encensoir.

De Dietrichautomobile De Dietrich

L’alcool est présenté comme la la Solution d’avenir tant pour le chauffage, l’éclairage que pour le transport; et on annonce qu’il est en train de détrôner le gaz. On sait ce qu’il en adviendra.

Gillet Forestautomobiles Gillet-Forest

Gillet-Forest est mis à l’honneur pour le fait que tous ses véhicules ont terminé les épreuves. On passe à la marque Hérald, à la Fouillaron avec son système d’entraînement à poulies variables évitant les changements de vitesse laborieux avec les boîtes de vitesses de l’époque. On cite aussi les motocyclettes Werner car les 2 présentes au départ sont aussi présentes à l’arrivée, alors même que toutes les autres motocyclettes ont abandonné. Autre marque qui n’a pas laissé beaucoup de souvenirs dans les mémoires : les Automobiles Passy équipées d’une prise directe sur la 3ème vitesse, qui est en fait une invention de Louis Renault de 1898. Ont droit aussi à quelques lignes les voitures légères Déchamps, la marque Ader qui fabrique à la fois des moteurs fixes, des voitures et des véhicules industriels.

Fouillaronautomobiles Fouillaron

Le_Chauffeur___Louis_Locker_[...]_bpt6k5651446h_21moteur et véhicule Ader

Les différents types d’alcool sont détaillés ; par exemple pour la marque Robur on a :

  • le Robur à 50% pour les automobiles
  • le Lampant pour l’éclairage
  • la Spiritine titrant 90 à  95%

Pour ce qui est de la marque l’Entrepôt d’Ivry, elle délivre :

  • le Soleil : alcool pour l’éclairage et le chauffaga utilisable avec des appareils spécifiques à l’alcool
  • le Carbo-Soleil pour l’éclairage avec des appareils conçus pour l’utilisation du pétrole
  • le Moto-Soleil utilisé pour les automobiles et les moteurs fixes?

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(7) l’automobile et l’alcool

L’article d’aujourd’hui est celui paru le 27 Mai 1902 dans le journal l’Auto-Vélo et qui se concentre sur les résultats officiels des différentes épreuves. Source Gallica.

Chenard et Walcker

Chenard et Walcker (source Gallica)

Le classement donné jusque là était un classement officieux, cette fois il s’agit du classement officiel, en particulier pour le concours de vitesse. La modification la plus importante concerne le second et le troisième qui se voient échanger leur place au classement :

  • 1er : Panhard et Levassor
  • 2ème : Darracq
  • 3ème : Panhard et Levassor.

Des médailles d’or, vermeil, argent, bronze sont remises. Liste des médailles d’or (pour l’épreuve de vitesse) :

  • motocycles moins de 50kg : Werner
  • motocycles  de moins de 250kg :  De Dion Bouton
  • voiturettes de 250 à 400kg : Renault Frères
  • voitures de 400 à  650kg : Darracq
  • voitures de 650 à 1000kg : Panhard et Levassor

Georges Richard

source Gallica

L’épreuve de consommation n’a pas de réel classement officiel. Le tableau donne un classement selon la dépense à la tonne kilométrique. Il en ressort le cassement suivant :

– pour les voitures :

  • 1er : Chenard et Walcker
  • 2ème : Bardon
  • 3ème : Delahaye

– pour les véhicules industriels :

  • 1er : Bardon
  • 2ème : Société Nancéienne
  • 3ème : Georges Richard

Delahaye

Delahaye (source Gallica)

Des médailles d’or, vermeil, argent et bronze ont également récompensé les concurrents de l’épreuve de consommation. Liste des médailles d’or :

  • voitures légères : Delahaye
  • voitures de 650 à 1000kg : Chenard et Walcker
  • véhicules industriels portant de 100 à 500kg : Georges Richard
  • véhicules industriels portant plus de 500kg : Bardon et Société Nancéienne

Des prix récompensent également les constructeurs de:

  • moteurs fixes
  • locomobiles
  • groupes moteurs
  • bateaux

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Source Gallica

 

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